Les toilettes sèches, c’est quoi ?
Ce sont des toilettes qui n’utilisent pas d’eau et permettent, suite à un processus de transformation, de réintroduire nos excréments dans les cycles agricoles. Il existe des toilettes sèches où urine et matières fécales sont mélangées, aujourd’hui ce sont les plus répandues en France, d’autres sont à séparation d’urine.
Les toilettes sèches pourquoi ?
Pour éviter de salir l’eau potable, prévenir les maladies, protéger l’environnement, fertiliser la terre. Construites avec des procédés simples et reproductibles, faciles à utiliser et à entretenir, elles favorisent l’autonomie locale.
Quelle est la différence entre mélanger et séparer l’urine et les matières fécales ?
Schématiquement et sachant qu’il existe des variantes :
en mélangeant urine et matières fécales nous travaillons sous le principe du compostage et produisons un terreau fertile qui est remis dans le sol après hygiénisation et permet aux plantes de puiser dedans pour se nourrir ;
en séparant l’urine nous produisons d’un coté un engrais liquide utilisable rapidement pour nourrir directement les plantes (les experts ne sont pas tous d’accord sur cette option), de l’autre un terreau peu riche qui, après hygiénisation, sert à améliorer la structure de la terre.
Qu’est que c’est que le compostage ?
Nous déposons des éléments différents en andain ou en tas à l’intérieur duquel se développe une vie intense et les processus physico-chimiques qui l’accompagne. Au fil du temps ces interactions vont décomposer les éléments du départ en compost, terreau, humus, comme dans un sous bois ou une forêt. Dans notre compost de toilettes sèches une multitude de germes pathogènes sont présents au départ, pour cette raison il sera préférable de réaliser un composteur fermé et couvert pour éviter l’accès aux enfants, animaux domestiques et oiseaux.
Doit on ajouter quelque chose ?
Dans une toilette où nous mélangeons matières fécales et urine il faudra ajouter une matière carbonée sèche. Cette matière, aussi appelée litière, permet d’absorber les liquides, de couvrir les matières fécales et de démarrer le processus de compostage par équilibrage du rapport carbone/azote. Dans une toilette à séparation nous n’ajoutons rien à l’urine, nous couvrons les matières fécales d’un peu de terre sèche, de cendre ou de sciure. Certains modèles sont étudiés pour fonctionner sans ajout.
Quels matériaux utiliser comme litière ?
Tout matériel végétal bien sec et coupé assez fin par exemple un mélange de sciure et de petits copeaux de bois, des feuilles mortes hachées, de la paille broyée, de la balle de grain, de la chènevotte, du carton broyé, le papier hygiénique et tout papier peu traité et non imprimé… Les résultats peuvent varier en fonction des nombreux paramètres en jeu, c’est donc à chacun de chercher une litière facile à se procurer dans un rayon de proximité, de faire ses propres expérimentations et d’adapter en fonction des résultats obtenus.
En combien de temps le compost sera-t-il mûr ?
Sous climat tempéré, comme celui que nous avons en France, il est communément admis qu’après deux ans sans apport de matières fraiches il est possible de réintroduire sans risque le compost dans les cycles agricoles.
Quelle est la valeur fertilisante du compost de déjections humaines ?
Par la contenance en azote, phosphore, potasse, carbone... de nos déjections, le compost obtenu est un amendement de qualité qui permettrait de se passer en partie des engrais chimiques. On estime pouvoir fertiliser de 350 à 400 m2 de sol avec le compost annuel d’une personne. Cependant la quantité relativement minime de compost obtenu peut être appliquée sans surdosage sur une surface bien moindre, soit quelques m2, sans autre effet qu’une augmentation de la couche d’humus.
Peut on utiliser un compost de déjections humaines dans le jardin potager ?
Sous réserve d’attendre le temps nécessaire (2 ans sous climat tempéré) et d’appliquer le bon sens du jardinier (épandre sur la terre avant les cultures, respecter un délai suffisant entre l’épandage et la récolte, ne pas appliquer sur les légumes racines et ceux à consommer crus...) le compost issu du produit des toilettes sèches a tout à fait sa place au jardin.
Quelle quantité de compost produit on annuellement ?
Cela varie en fonction de ce qu’on y met ; un ordre d’idée : pour une famille de 4 personnes, en mélangeant le produit de la toilette à compost avec les restes de cuisine et une partie des restes de jardin, nous obtenons après deux ans de compostage environ 1m3.
Risque-t-on de répandre des maladies avec des TS ?
Non au contraire du système de tout à l’égout qui disperse les germes dangereux dans l’eau et l’environnement. Il faut cependant appliquer les précautions d’usage lors des manipulations (éventuellement le port de gants et de toute façon le lavage des mains) et éviter que les enfants et les animaux aient accès au compost avant complète maturation (deux ans). Il faut également appliquer le bon sens du maraîcher avant la réintroduction du compost dans les cycles agricoles.
Que deviennent les résidus des médicaments que l’on prend ?
Quand on les dilue dans l’eau et qu’on les rejette à la rivière (la grande majorité des stations d’épuration étant incapables de les retenir) nous créons une charge non contrôlée pour les milieux aquatiques et prenons le risque de les faire absorber à toute la population via l’eau dite potable. En les confiant à la terre via le compost, réacteur bactérien polyvalent et rustique, ils seront en grande partie dégradés et nous ne les absorberons pas avec l’eau de boisson, les fruits, les légumes. Si le compost est réutilisé dans le potager, la quantité de médicaments susceptible de résister au compostage et de migrer dans les récoltes est infiniment plus faible que la dose initiale de ce médicament, absorbé sur prescription du médecin.
Faut il désinfecter le compost ?
Un compost contient des milliards de microbes par gramme, ils se complètent ou se combattent. Au bout de quelques mois les germes pathogènes présents dans nos matières fécales ont presque tous disparu. Le processus de compostage permet d’obtenir un compost assainit, il ne faut y ajouter aucun désinfectant.
Quid des odeurs ?
Comme toute pièce dédié à la défécation il est préférable de pouvoir l’aérer. Pour le ou les réceptacles, s’ils sont de faible volume comme les Toilettes à Litière Bio-maitrisées, vidés de une à quatre fois par semaine les odeurs n’aurons pas le temps d’apparaître. Par contre les toilettes à séparation d’urine compact doivent être équipés d’une bonne ventilation. Si nous installons un système avec des réceptacles de plus gros volume, donc à vider moins souvent, il est impératif d’assurer une ventilation efficace pour permettre une bonne circulation d’air et l’évacuation des gaz qui accompagne toute décomposition.
Si vous voulez aller plus loin une documentation importante existe. Nous vous conseillons de visiter des sites comme : eautarcie.org, ecosanres.org, rae-intestinale.org, toilettedumonde.org, et le notre bien sûr toiletteacompost.org

