Opération Convivencia Le samedi 12 février 2005.

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OPERATION TOILETTES A COMPOST ARESO-CONVIVENCIA 2004

Convivencia est un festival d’une quinzaine de soirées concert-bal gratuites, organisé chaque année en début d’été par l’association « A bord du Chèvrefeuille » tout au long du canal des deux mers.

L’objectif est de tester le marché de la location de toilettes à compost à travers une intervention à caractère « professionnel », rémunérée, dans les conditions ordinaires des manifestations publiques en extérieur, avec un public autre que celui déjà connu des foires bio et rendez-vous écologistes. Cette opportunité fait suite à un contact pris lors de la foire Biocybèle en Mai dernier.

Voici le contrat : pour les soirées des 24 et 25/06, sur l’àle du Ramier à Toulouse, mettre à disposition 5 cabines, dont une au format « handicapé », et 4 urinoirs, le tout restant en place pour les deux jours, pour 750€ par soirée ; pour la soirée du 30/06, au port de l’embouchure à Toulouse, mettre à disposition 2 cabines dont une « handicapé » et 2 urinoirs, pour 300€. La prestation comprend le transport, le montage-démontage, la prise en charge des déchets.

Les gandousiers disponibles et motivés sont au nombre de six : Jean-Claude Aiglehoux, Eduardo Arocena, Pierre Besse, Roland Bréfel, Stéfano Comolli, Xavier Méric, à qui il faut ajouter Patrick Charmeau pour une grosse demi-journée d’aide à la conception et un grand plat de riz.

L’équipe décide de mobiliser les trois cabines en bois massif dont Areso dispose déjà, et de fabriquer deux nouvelles cabines. Il est convenu que le budget sera utilisé d’abord pour couvrir les achats de fournitures pour la fabrication des deux cabines neuves, et les frais de transport de matériel pendant l’opération. Le reste, si reste il y a, permettra éventuellement (sans ordre de priorité) de : -1) rémunérer la main d’œuvre engagée sur l’opération, voire sur la fabrication. -2) laisser une quote-part à Areso au titre de l’amortissement des cabines. -3) laisser un pécule dans un fonds commun pour faciliter la création d’une structure poursuivant cette activité. Aucune décision formelle n’est prise avant l’opération quand à l’affectation de ce reste.

Tant par rapport au public que face aux organisateurs du festival, l’opération est menée au nom d’Areso. Le tract utilisé à Biocybèle est repris quasiment tel quel, le recto « des toilettes à compost, pourquoi » restant inchangé, le verso « Areso pour Biocybèle » devenant « Areso pour Convivencia » sans autre changement. Le logo d’Areso est apposé sur des affichettes format A4 agrafées sur la porte des cabines. Un peu précipitation, un peu négligence, cette signature d’Areso est utilisée sans l’aval formel du CA. L’équipe, notamment un certain P.B. , s’en excuse, et espère que l’association reconnaàtra le bébé.

La construction d’une cabine accessible aux handicapés, non imposée en toute rigueur par le contrat de départ, est décidée unanimement. Renseignements pris, elle apparaàt indispensable : réglementairement, le premier module de toilette installé sur une manifestation publique doit àtre un module « handicapé ». Cette cabine est bàtie en Triply de 12mm, sur un plan carré de 1,50m de càté, et 2m de hauteur, sans toit ni plancher. La porte est également en triply. La cabine est munie de deux crochets vissés sur les parois et d’une cordelette permettant d’assujettir le conteneur aux parois, ainsi que d’une solide poignée en bois scellée à la paroi au dessus du conteneur, le tout pour permettre aux handicapés un accès commode et sûr au siège. Cette cabine a été, a de menus détails près, agrée par un responsable de la Sécurité Civile, et testée favorablement par une personne handicapée. Dans la foulée, la deuxième cabine neuve est construite sur le màme plan : 1,50m sur1,50m.

Pour les deux soirées consécutives de l’àle du Ramier, la première cabine en bois massif est montée à l’arrière de la scène, pour les artistes et techniciens. Les quatre autres sont installées groupées, à l’entrée du site (parking du parc des expositions). Elles sont disposées aux coins d’un carré de 4m de càté et forment une sorte de castelet, lequel est fermé sur trois càtés par des canisses de 2m de hauteur (voir photos), et couvert d’une bàche plastique (pràtée par Patrick C). L’espace en forme de croix disponible à l’intérieur du castelet, entre les cabines, héberge : -à l’entrée, une table avec documentation et livre d’or, -au milieu, quatre urinoirs, -au fond, derrière un rideau, un coin rangement pour les conteneurs vides, la sciure, etc. Les deux cabines en bois massif font faàade, celles en triply sont à l’arrière. Toutes les cabines sont équipées de conteneurs-sièges (« poubelle » plastique de 70 litres + couvercle en bois portant lunette et abattant), sauf une en faàade qui fonctionne « à la turque », ce qui permet de confirmer l’intéràt d’une partie non négligeable des usagers pour ce dispositif. Pour la soirée du port de l’embouchure, les deux cabines en triply sont montées à 2m de distance, entre les deux on installe les urinoirs derrière des canisses, selon le modèle utilisé à Biocybèle. Il n’y a pas de toilette à la turque ce soir-là.

La conception des cabines neuves et du castelet a demandé 30 à 40 heures, la fabrication une bonne centaine d’heures d’atelier. Montage des cinq cabines le 24/06 : 30 heures, démontage le 26/06 : 15 heures. Le 30/06, montage des deux cabines et démontage immédiat en fin de soirée : 10 heures en tout. Transports (cabines et déchets) : 20 heures de volant et 500km de fourgon.

Le 24, 1000 à 1500 personnes viennent applaudir les Fabulous Trobadors et les bombes 2 bal, lesquelles nous font l’honneur d’étrenner notre chàteau fort avant le concert, et un bon coup de pub sur scène à la fin de leur récital. Récolte : 280 kg de matériel, déchargé le lendemain chez un industriel du compostage pour un coût de 12€ la tonne. Le 25, deux fois moins de personnes, 120 kg déchargés dans le jardin d’un des membres de l’équipe, le 30, 140 kg déposés chez l’industriel précédemment cité pour 2,05€. Sciure consommée : environ 0,5 m3.

Evaluation financière :
-  Matériaux et fournitures pour la construction des cabines neuves : 600€ (300/cabine).
-  En supposant, au pifomètre, une charge d’amortissement de 50€ par cabine et par soirée, il faut 600€ pour amortir les 12 cabines-soirées de l’opération.
-  Transport : 500 km de fourgon à 0,40€/km font 200€ de frais de véhicules.
-  Main d’œuvre (non compris la fabrication) : 20 heures de chauffeur et 55 heures d’artisan pour montage et démontage, soit 75 heures. En appliquant un tarif « entreprise » de 25€/heure, àa donne 1875€ de frais de main d’œuvre. A lui seul, le poste main d’œuvre dépasse le montant du devis, or le tarif pratiqué est de l’ordre de grandeur de celui des loueurs de wc chimiques. A ce niveau de tarification, on couvre les frais de véhicule et on peut amortir les cabines, à condition de diminuer fortement la main d’œuvre de fabrication. Par contre, on ne peut espérer couvrir correctement les charges de main d’œuvre de montage-démontage-transport qu’en divisant par trois le temps consacré à ces tàches.

Evaluation technique : Il semble évident qu’il faut alléger les cabines et simplifier le montage, pour gagner sur le volume, et donc le transport, et sur la main d’œuvre de montage. Les nouvelles cabines sont de ce point de vue un gros progrès sur les anciennes, mais elles sont encore encombrantes, lourdes, et relativement longues à monter. Les conteneurs type poubelle sont très commodes, mais en cas d’usage intensif leur capacité n’est pas toujours suffisante pour une soirée, ce qui impose présence et surveillance. Par ailleurs, une fois pleins, ils font 50 kg, et sont alors difficiles à manipuler seul. N’étant pas superposables, ils encombrent vite un véhicule. Des détails à perfectionner : le système de fermeture des cabines, la signalétique, la mise à disposition d’information dans les cabines màmes (et pas seulement sur la table devant le stand), prévoir un lave-main avec un peu d’eau, soigner l’esthétique du stand...

L’excellente réception de l’initiative par le public du festival confirme l’impression ressentie sur les opérations précédentes, c’est la màme attitude, globalement très favorable, voire enthousiaste. Le livre d’or disponible sur la table à l’entrée du stand s’est rempli de compliments sur dix pages. L’équipe des organisateurs du festival est à l’unisson. Globalement, on apprécie le confort (« pas d’odeur »), l’ambiance (bois, canisse), le principe (recyclage des déchets, respect de l’eau), l’initiative (« bonne idée »), et aussi la présence et la disponibilité des « messieurs pipi ».

Perspectives : L’équipe mobilisée sur cette opération souhaite poursuivre l’aventure sans délai, en répondant aux propositions ou sollicitations en attente, et en essayant de mettre rapidement sur pied une structure juridique apte à faire des factures et bulletins de salaire. Le premier pas dans ce sens est un inventaire des moyens et motivations des membres de l’équipe, oà chacun précise ce qu’il peut donner au projet et ce qu’il en attend. Cet inventaire étendu à l’ensemble d’Areso, et màme un peu au-delà, pourrait àtre la base des « ressources humaines » de l’entreprise. Tout ceci sous réserve de vérifier la cohérence de ce projet avec l’activité d’Areso.

Du pain sur la planche pour les prochaines semaines.

Rédigé par Pierre Besse le 01/07/04


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