Le PNUD pour l’écoassainisement Le mercredi 16 février 2005.

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La prise de position très claire d’une haute autorité mondiale, le Programme des Nations Unies pour le Développement, en faveur de l’écoassainissement.

La position du PNUD

Le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) est la branche des Nations Unie en charge du développement, à  cà´té de la FAO (agriculture et alimentation), de l’OMS (santé), du PNUE (environnement), etc. Le premier texte est celui de la page « assainissement écologique » du site internet du PNUD. http://www.undp.org/water/ecol.html
Le second est issu du màªme site, page « approvisionnement en eau ». http://www.undp.org/water/supply.html

....Assainissement écologique

... Le PNUD a également une expérience considérable dans le domaine de l’assainissement écologique :

L’assainissement écologique est une approche de la gestion des excréta humains qui cherche à  recycler les nutriments vers l’environnement et dans les systèmes productifs. Le PNUD lance un projet pour développer ce concept et accroà®tre ses applications. Le projet est financé par l’Agence Suédoise Internationale pour le Développement, SIDA.

Environ 3 milliards de personnes manquent aujourd’hui d’un assainissement correct. Dans les vingt prochaines années, on attend 2 milliards d’habitants de plus dans les villes et cités, principalement dans les pays en développement, qui vont avoir besoin d’assainissement. Il est urgent d’agir, mais avons-nous les solutions ?
Les systèmes conventionnels d’égout, basés sur la toilette à  chasse d’eau, ont échoué à  résoudre les besoins des pays en développement. Plus de 95% des eaux d’égout dans les pays en développement est aujourd’hui rejetée sans traitement, polluant les rivières, les lacs, les mers cà´tières. Les systèmes de tout à  l’égout ont été conà§us et construits sur l’hypothèse que les excreta humains sont un déchet qui n’est bon qu’à  àªtre évacué, et que l’environnement est capable d’assimiler ce déchet.
L’autre solution conventionnelle pour les gens pauvres dans les pays en développement, la latrine à  fosse, a aussi des inconvénients, spécialement dans les zones densément peuplées, o๠l’espace est limité. Les eaux souterraines sont presque inévitablement polluées, et donc l’approvisionnement en eau potable menacé.
Ces solutions contribuent à  beaucoup de problèmes auxquels la société est confrontée aujourd’hui : pollution de l’eau, rareté de l’eau de bonne qualité, destruction et perte de fertilité des sols, insécurité alimentaire.

Au niveau de la recherche agronomique, le déclin continu de la fertilité des sols est une préoccupation grandissante. De plus en plus de chercheurs clament que les méthodes agricoles appliquées aujourd’hui ne sont pas soutenables. Ce que nous avons aujourd’hui est un flux massif et linéaire de nutriments depuis les zones rurales vers les villes sous la forme de produits agricoles. En négligeant de retourner les fertilisants naturels à  la terre, nous épuisons les sols de leurs nutriments, et finalement diminuons la production alimentaire. Pour la sécurité alimentaire autant que pour des raisons agronomiques, il est nécessaire d’utiliser les nutriments récupérables dans les excreta humains.
L’assainissement doit àªtre repensé en tenant compte du fait que les excréments humains contiennent une ressource valorisable. En pratique, l’azote, le phosphore et la potasse que chacun de nous produit chaque année suffit pour produire le maà¯s et le blé pour une personne. La santé doit rester une préoccupation, mais les excréments peuvent àªtre assainis par des procédés biologiques maà®trisés. Nous avons besoin d’une approche éco-systémique de l’assainissement o๠les ressources sont réutilisées et recyclées- l’assainissement écologique.

La réutilisation des excréments humains a été la norme dans la plupart des cultures et sociétés jusqu’à  récemment (en Europe, au Japon), et elle est appliquée à  grande échelle par les communautés rurales en Chine et au Vietnam et dans des zones urbaines au Yémen. Aujourd’hui nous voyons des développements prometteurs, les méthodes traditionnelles d’assainissement (décomposition, déshydratation) sont modifiées pour tenir compte des besoins et des attentes d’aujourd’hui. La ville de Stockholm a encouragé l’introduction de l’assainissement écologique dans des zones d’habitat de la classe moyenne, o๠l’urine est centralisée, stockée, et épandue sur les champs comme fertilisant. Au Mexique, en Chine et au Salvador la méthode est appliquée dans des zones urbaines densément peuplées. Des programmes de recherche-développement sont en place dans des pays comme le Vietnam, l’Inde, l’Ethiopie, le Zimbabwe et la Bolivie avec le soutien de l’Agence Suédoise Internationale pour le Développement (SIDA).

L’assainissement écologique est basé sur les principes suivants :

-Prévient les maladies
Doit àªtre capable de détruire ou d’isoler les germes fécaux pathogènes.
-Protège l’environnement
Doit prévenir la pollution et préserver les ressources en eau de qualité.
-Recycle les nutriments
Doit retourner au sol les nutriments nécessaires aux plantes.
-Est culturellement acceptable
Doit àªtre esthétiquement acceptable, et compatible avec les valeurs culturelles et sociales.
-Est appropriable
Doit àªtre facile à  construire et assez robuste pour àªtre facilement entretenu dans un contexte local.
-Est confortable
Doit correspondre aux besoins de tous les membres de la famille, sans considération de sexe, d’à¢ge ni de statut social.
-Est bon marché
Doit àªtre accessible à  toutes les familles de la communauté.

Comme les aspects ci-dessus sont pleinement cohérents avec les politiques et stratégies du PNUD, celui-ci a lancé un projet pour encourager le développement et la dissémination de l’assainissement écologique, avec une mise de fonds initiale de la SIDA.
Le PNUD travaille en étroite collaboration avec quatre centres de ressources sur l’assainissement écologique :

1) Amérique latine : SARAR, Mexico
2) Afrique : Aquamor, Zimbabwe
3) Asie : Eco-Solutions, India
4) Recherche globale : Stockholm Environment Institute


Le PNUD et l’approvisionnement en eau

Améliorer la santé humaine par des systèmes non polluants d’approvisionnement en eau et d’assainissement

Le PNUD a pour mission d’aider les pays à  atteindre les Objectifs de Développement du Millénaire dont celui de réduire de moitié d’ici 2015 la proportion d’humains qui ne sont pas en mesure d’obtenir ou d’acquérir de l’eau de boisson saine et un assainissement satisfaisant. De plus le PNUD soutien fermement la recommandation de la Conférence Internationale sur l’Eau douce (Bonn, décembre 2001), selon laquelle l’objectif sur l’eau devrait s’accompagner d’un objectif équivalent de réduire de moitié d’ici 2015 la proportion de gens n’ayant pas accès à  un assainissement amélioré. Le PNUD travaillera en collaboration étroite avec les autorités nationales et locales, les communautés, la société civile et le secteur privé pour améliorer la santé humaine par des investissements dans des systèmes d’approvisionnement en eau et d’assainissement fiables, non polluants et accessibles à  tous.

En matière d’approvisionnement en eau et d’assainissement, le PNUD concentrera ses efforts sur les initiatives gérées par les familles et les communautés, basées sur le principe de la participation et sur des technologies appropriées, accessibles. Les systèmes d’assainissement doivent àªtre conà§us pour préserver la santé humaine aussi bien que l’environnement. Le PNUD soutiendra spécifiquement les systèmes de gestion des déchets basés sur le recyclage et la réutilisation, de faà§on à  épargner la ressource en eau et à  recycler les nutriments pour la production de nourriture.

Le travail du PNUD met l’accent sur la nécessité pour les populations d’un assainissement fiable et de pratiques respectueuses de l’environnement.


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