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Toilette à  compost et risque sanitaire Le lundi 21 février 2005.

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Toilette à  compost et risque sanitaire

-  La perception intuitive que chacun se fait de l’usage des toilettes à  compost, autant que les lois et règlements élaborés par le corps social sur ce sujet font référence plus ou moins implicite mais systématique à  la notion de « péril fécal », représentant le danger de contamination par des organismes ou micro-organismes parasites ou infectieux, au contact des matières fécales humaines. La liste est en effet longue des pathogènes transmissibles par ce biais, et leurs effets, s’ils restent souvent assez bénins, peuvent àªtre graves.
La référence à  ce risque est la justification, principale ou màªme unique, de contraintes légales et d’interdictions (obligations de raccordement aux réseaux collectifs, en leur absence obligation d’édifier un système de traitement conforme aux normes, suspension du permis de construire à  ces obligations, etc.).
L’examen détaillé de la matérialité du « péril fécal » dans les différentes filières de traitement des déchets humains est évidemment un préalable indispensable à  la définition d’une politique cohérente et réaliste en la matière, et doit servir de base à  l’établissement des normes.
Aucun projet tant soit peu ambitieux de promotion ou de développement des toilettes à  compost ne peut faire l’économie de cette analyse.

Sous réserve d’étoffer la documentation à  l’appui de cette thèse, on peut en venir tout de suite à  la triple conclusion suivante :
1) Le tout à  l’égout, dans son principe màªme, est une très mauvaise solution, certainement la pire qui se puisse concevoir.
On peut supposer qu’au départ, chacun n’est pas porteur à  la fois de tous les pathogènes possibles, et màªme que la plupart ne sont porteur d’aucun pathogène. Autant de déchets pour lesquels la question du risque sanitaire ne se pose pas. En mélangeant les déchets d’un très grand nombre de foyers, le tout à  l’égout contamine la totalité des déchets avec la totalité des pathogènes, ce qui n’est sûrement pas la faà§on de simplifier le problème.
Non content de à§a, il dilue 200 g de matière fécale éventuellement contaminée dans 150 litres d’eau (moyenne de la quantité d’eau consommée par habitant et par jour), multipliant par 750 le poids du déchet à  risque. Il offre à  la plupart des pathogènes des conditions favorables à  leur conservation, quand ce n’est pas à  leur prolifération. Il retient des matières solides ou « boues » fatalement contaminées, qu’il faut bien prendre en charge un jour ou l’autre. Il rejette en rivière une eau plus que suspecte, au moins à  l’occasion des épisodes de fortes pluies, et le plus souvent en continu, ce que faisant, il dissémine les pathogènes et leur offre sur un plateau la possibilité de recontaminer des millions d’individus par le biais de l’eau potable, de l’eau d’irrigation de cultures maraà®chères ou fruitières, d’activités de loisir en rivière.
Il coûte cher, directement par la charge d’investissement et d’entretien des réseaux et des stations, mais aussi indirectement par le surcoût de la potabilisation d’une eau de rivière polluée, par l’incidence sanitaire des pathogènes ayant échappé à  l’épuration, enfin par son impact sur l’eutrophisation des rivières, sur la production de coquillages et sur la pàªche en mer.

2) En comparaison, le système toilette à  chasse d’eau-assainissement autonome est grandement préférable.
Dans son principe (non mélange des déchets de foyers différents, non redistribution-dissémination des pathogènes), il coupe court à  tout phénomène épidémique. Néanmoins, et c’est un de ses points faibles, cette dernière affirmation n’est tout à  fait valable que tant qu’il respecte les eaux souterraines, ce qui est loin d’àªtre toujours le cas, et qui reste difficile à  vérifier étant donné que ces systèmes sont la plupart du temps complètement enterrés. Son coût est du màªme ordre de grandeur que celui du tout à  l’égout. Il est difficile (et donc plus cher) à  mettre en place dans certaines situation topographiques ou pédologiques (zone humide, sol imperméable ou trop filtrant...) Enfin, il n’est pas utilisable en zone urbaine, dès que l’habitat dépasse une certaine densité.

3) La toilette à  compost est LA solution au problème sanitaire. Avec deux modes de gestion : prise en charge intégrale par chaque foyer dans l’habitat isolé, gestion collective dans l’habitat groupé. Dans un cas comme dans l’autre, le respect de règles simples garantit une absence totale de pollution du milieu et un niveau de risque sanitaire à  peu près nul. Dans l’habitat isolé, le particulier a le choix entre des modèles très simples et très bon marché, qui lui imposeront un entretien suivi (vidange fréquente, compostage soigné), et des systèmes plus exigeants en investissement mais beaucoup plus autonomes, ne requérant d’intervention qu’à  un rythme de plusieurs mois. En zone urbaine, ces systèmes trouveront leur limite à  partir d’une certaine densité de population. Dans l’habitat vertical par exemple, on aura recours à  des installations homogènes gérées collectivement, ce qui suppose un travail social important. Dans tous les cas de figure, le coût global de mise en place et de fonctionnement de ces systèmes sera très inférieur à  celui des installations classiques.

Une unité de toilette à  compost comprend toujours un réceptacle o๠au moins les matières fécales sont confinées un certain temps. En sortie de ce réceptacle, selon le type (à  séparation des urines ou non, à  déshydratation ou à  compostage), elle génère l’un ou l’autre des sous-produits suivants :
-Urine dérivée à  la source, bactériologiquement stérile.
-Urine séparée après contact avec les matières fécales, ou lixiviat de compost, potentiellement contaminés.
-Matière fécale déshydratée et donc partiellement hygiénisée.
-Matière fécale compostée, plus ou moins hygiénisée selon le degré de compostage.
-Dans le cas particulier de la toilette à  litière, mélange urine-fèces fraà®ches-litière, de consistance semi-solide.
Les urines souillées ou lixiviats sont absents des systèmes à  déshydratation totale ou à  dérivation à  la source. Dans les autres systèmes, ils sont générés au rythme de un litre maximum par personne et par jour.
La toilette à  litière produit 200 grammes par personne et par jour de matières fécales, les autres systèmes cinq à  dix fois moins, compte tenu de la réduction de poids due à  la déshydratation ou au compostage. De telles quantités de déchets sont facile et peu coûteuses à  gérer tant à  l’échelle familiale que collective. Tant que ces produits ne sont pas délibérément jetés dans les cours d’eau ou les puits, leur potentiel de contamination des eaux et de dissémination est à  peu près nul. Reste le risque pour la personne qui les manipule, et le risque de contamination d’une récolte après épandage de compost : ces risques sont minimes et facile à  circonscrire. Soit c’est le particulier qui gère son propre déchet, il ne court de risque que si un membre de son foyer est malade, et ne menace guère que les membres de sa propre famille, s’il est vraiment négligeant. Soit c’est la collectivité qui s’occupe du déchet, auquel cas il est facile de s’assurer que les mesures élémentaires de sécurité sont bien prises.

En conséquence, l’existence -indéniable- d’un risque sanitaire associé aux excréments humains ne saurait nourrir de complexe chez le particulier tenté par la toilette à  compost ni encore moins servir de prétexte à  l’administration pour en interdire ou restreindre l’usage ; bien au contraire, ce risque est la première des raisons pour lesquelles nous exigeons de pouvoir librement recourir à  cette méthode : il nous est en effet insupportable de savoir que, par réseau de tout à  l’égout interposé, nous propageons nos propres pathogènes et menaà§ons la santé de nos concitoyens, alors que nous avons sous la main le moyen de libérer la société de cette menace sans lui imposer ni frais ni contrainte.
Aucun animal terrestre n’apprend à  ses petits à  déféquer dans l’eau. Si la loi nous oblige à  le faire, c’est qu’elle est indigne d’une société civilisée. En attendant son abolition, les autorités devront interpréter systématiquement le vide juridique actuel en faveur des toilettes à  compost, et faire jouer au maximum les possibilités d’agrément que ce vide permet.

Pierre Besse le 31/10/04


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